Les établissements bancaires philippins sont en tête du pays en matière d’application stricte du protocole DMARC, avec un taux de rejet de 36,2 %, mais ils restent totalement exposés aux interceptions au niveau de la couche de transport. Le secteur reste vulnérable au niveau de la couche de transport, avec un écart MTA-STS de 100,0 % dans l’ensemble du secteur bancaire, où les données transactionnelles critiques transitent par des voies non chiffrées. Les attaquants peuvent mener des « attaques par rétrogradation » pour contourner de manière opportuniste le chiffrement déployé, intercepter des messages de confirmation financière de grande valeur afin de détourner des capitaux ou de récolter des identifiants bancaires sensibles.
L'administration publique et les domaines municipaux philippins affichent une base solide en matière de suivi technique, avec un SPF correct de 98,2 %. Cependant, le secteur adopte une approche très prudente en matière d'escalade des politiques : 25,9 % des domaines sont réglés sur « aucun », 24,1 % sur «quarantine » et seuls 6,2 % – un seuil minime – sur la valeur protectrice « rejet ». Plus important encore, 43,8 % des domaines gouvernementaux ne disposent d’aucune configuration DMARC, ce qui permet aux acteurs malveillants de se faire passer pour des services officiels afin de diffuser de fausses directives réglementaires.
Les infrastructures de santé affichent un taux de conformité SPF de 97,6 %, mais la gestion des informations sensibles des patients, associée à une application peu rigoureuse des règles, en fait une cible de choix pour l’extorsion de données. Une part importante de ces infrastructures repose sur une surveillance passive, tandis que 37,3 % d’entre elles ne disposent absolument pas de DMARC. Cette approche exclusivement axée sur la surveillance rend les voies d’accès aux portails patients et les systèmes cliniques internes extrêmement vulnérables, un problème aggravé par une absence totale (100,0 %) d’adoption du protocole MTA-STS.
Le secteur des médias et de l'audiovisuel bénéficie d'une forte visibilité auprès du public, et l'absence de contrôles adéquats des e-mails permet aux acteurs malveillants d'exploiter la confiance que le public accorde à ces médias. Les domaines des médias présentent un taux alarmant de 49,5 % d'absence d'enregistrements DMARC, associé au taux d'application le plus bas du pays, à savoir 5,3 %. Cette absence d'application effective permet aux acteurs malveillants de falsifier facilement les noms de domaine des médias afin de diffuser de fausses informations, de faux communiqués de presse ou des e-mails de hameçonnage.
En tant que gardiens des communications critiques, les opérateurs de télécommunications maintiennent un niveau technique de référence avec un SPF correct de 96,2 %. Malgré ce cadre, le secteur affiche un faible taux d’application stricte de la règle « p=reject » (23,1 %), privilégiant une approche réactive avec 50,0 % des domaines placés en «quarantine ». Comme la moitié des domaines de télécommunications sont placés passivement en quarantine que d’être bloqués purement et simplement, les messages usurpés peuvent encore contourner les filtres pour extraire les données des abonnés et faciliter les attaques par échange de carte SIM.
Les établissements universitaires hébergent d'énormes quantités de données sur les étudiants et de propriété intellectuelle issue de la recherche, affichant un taux de conformité SPF de 98,4 %. Cependant, 45,2 % des domaines liés à l'enseignement ne bénéficient d'aucune protection DMARC, tandis que 25,8 % adoptent une approche passive (« p=none »). Les pirates exploitent ces enregistrements manquants pour diffuser aux étudiants de fausses mises à jour du « portail de paiement des frais de scolarité » ou aux enseignants de faux liens vers des revues par les pairs, dans le but de dérober leurs identifiants de connexion.
Les réseaux logistiques constituent l'épine dorsale du commerce régional, avec un taux de conformité SPF de 95,3 %. Cependant, la protection effective reste limitée en raison de l'absence d'enregistrements DMARC (29,1 %) et du recours à une surveillance passive, 22,1 % des domaines restant à p=none. Cela offre aux cybercriminels une brèche facile pour usurper l'identité des transporteurs, en envoyant des manifestes d'expédition modifiés ou des informations d'acheminement altérées aux partenaires logistiques afin de détourner les paiements liés au fret.
Le secteur de l'énergie présente une conformité de base satisfaisante, mais la moitié exacte (50,0 %) de son écosystème reste totalement non surveillée et dépourvue de protection DMARC. Les cybercriminels peuvent facilement usurper l'identité de fabricants d'équipements et de fournisseurs d'énergie pour émettre des demandes frauduleuses au sein de la chaîne d'approvisionnement ou introduire des fichiers malveillants conçus pour s'infiltrer dans les environnements de technologies opérationnelles.